1. Planification : vérification du terrain.
Avant de commencer l’installation d’un mur de soutènement en terre armée, nous devons vérifier la géométrie de la zone de travail ainsi que les conditions du terrain derrière et sous le mur, qui auront un impact direct sur sa stabilité. Nous devons observer les caractéristiques physiques du site : le type de sol et ses caractéristiques, la géométrie du mur et son environnement. Nous identifierons les lignes de drainage naturelles, les limites du terrain, les services publics, les structures, la végétation, etc.
La pression derrière un mur en terre armée variera considérablement selon le type de sol. En général, un mur construit sur de l’argile nécessitera plus de renfort qu’un mur de même hauteur construit avec des graviers dans un sol sableux.

2. Planification : flux d’eau à proximité du mur de soutènement.
Nous devons également observer attentivement les lignes générales de drainage et déterminer le débit et le volume de toute source d’eau spécifique, comme les évacuations de toitures ou les eaux souterraines. Un plan de pentes devra être établi afin de diriger l’eau autour du mur, toujours selon les possibilités du site. Des canaux seront placés sur le mur lorsque cela sera nécessaire pour guider les écoulements d’eau. Il est important de détourner toute source de flux d’eau concentrée loin du mur, comme les descentes de toiture, les tranchées de drainage ou les eaux souterraines. Il faut éviter l’accumulation d’eau au-dessus ou en dessous du mur en terre armée.
3. Conception : une bonne conception nécessite d’évaluer les éléments suivants :
- Choisir l’emplacement de construction : minimiser les excavations et les remblais et optimiser les pentes et le drainage.
- Définir la hauteur du mur et sa géométrie : identifier les pentes au-dessus et en dessous du mur et évaluer les charges dues au trafic de véhicules ou aux travaux.
- Évaluer les exigences structurelles : vérifier s’il s’agit d’un mur poids ou s’il nécessite une géogrille de renfort.
- Calculer l’enveloppe totale du mur : les murs à forte inclinaison (12°) nécessitent plus d’espace d’enveloppe totale que ceux à 3° ou 6°, mais demandent moins de renfort en géogrille.

4. Préparation de la base du mur de soutènement en terre armée.
Nous excavons une tranchée suivant l’alignement du mur. Les dimensions et la profondeur dépendront du type de mur. La tranchée doit être suffisamment profonde, selon le type de sol existant, pour pouvoir la remplir de béton et y enterrer la quantité de pièces nécessaire. Un bloc sera enterré tous les 2,40 m de hauteur.
Il est important de garantir une bonne base d’appui sur un sol ferme. Les calculs sont réalisés en considérant une contrainte admissible du sol de 0,1 N/mm² (1 kg/cm²).

5. Construction : implantation de la première rangée de blocs.
La première rangée de blocs sera mise en place sur une base de mortier sec et l’alignement de chaque pièce sera vérifié de gauche à droite et de l’avant vers l’arrière.
Nous placerons le tuyau de drainage derrière la pièce et le recouvrirons de graviers d’environ 25 cm derrière le bloc. La cavité interne de la pièce sera également remplie de graviers de granulométrie 12/18.
L’un des avantages du système constructif des murs de soutènement en terre armée est la connexion positive entre les couches de géogrille et les blocs en béton. Cette connexion est possible grâce au matériau granulaire (gravier 12/18) avec lequel nous remplissons les cavités internes des pièces. Plus la surface de friction est grande, plus les efforts sont répartis. Le mur en blocs devient la façade et la masse du sol renforcé devient la structure. Cet entrelacement entre la pièce (façade) et le treillis (sol renforcé) est appelé effet « rock-lock » et constitue l’un des meilleurs systèmes d’interconnexion du marché.

6. Construction du mur de soutènement en terre armée.
Une fois la première rangée posée, nous remplissons le reste de l’arrière du mur avec de la terre du site ou un matériau d’apport si nécessaire.
Une fois le remblai effectué, le terrain est compacté à l’aide d’un rouleau compresseur sur une distance égale à la longueur de conception de la géogrille de renfort. Les équipements mécaniques doivent rester à une distance minimale de 1 mètre de l’arrière des blocs. Le compactage est répété à chaque rangée, soit tous les 20 cm, afin d’obtenir un niveau de compactage optimal.

Matériau de remblai et compactage du mur : ne pas utiliser un angle de friction inférieur à 28° pour les grands murs structurels. L’utilisation de sols argileux est la cause de la majorité des problèmes à long terme. Les sols argileux continuent de se déplacer avec le temps, surtout en cas d’humidité excessive.
7. Géogrille de renfort.
La géogrille de renfort est découpée à la longueur prévue et installée au niveau de la rangée indiquée par les calculs du bureau technique. La géogrille est placée sur le bloc et déroulée sur le remblai compacté. La rangée suivante de blocs est posée sur la géogrille et les cavités sont à nouveau remplies de gravier : connexion positive.
La géogrille est insérée depuis l’emboîtement du bloc et tendue sur le sol compacté. Elle est prise entre les blocs de façade et le gravier de remplissage. Elle est fabriquée en fibres de polyester haute résistance à la traction, tissées et revêtues de chlorure de polyvinyle. Sa longueur, sa résistance, le nombre de couches et leur espacement sont des éléments de conception du mur.
Dernière géogrille : lorsqu’une surface pavée est prévue au-dessus du mur et qu’un haut niveau de compactage est requis, la longueur de la dernière rangée de géogrille est augmentée de 1 mètre afin d’éviter l’apparition de fissures entre le sol compacté du mur et le terrain non compacté.

8. Couronnement du mur.
Le couronnement du mur se termine par une plaque de finition AB CAPS et la création d’une pente éloignant l’eau du mur.

9. Courbes et angles.
Courbes : avec ce système de murs flexible qui s’adapte au terrain, nous pouvons construire facilement des courbes ouvertes et fermées. Le rayon minimum en partie supérieure du mur sera de 1,5 m.
Angles : bien que nous recommandions toujours les lignes courbes, il est possible de résoudre des angles intérieurs et extérieurs en découpant les blocs sur mesure.

Bibliographie : Allan Block Retaining walls | Manuel de conception des murs de soutènement en terre armée BREINCO